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ASCF - Château de Saint-Martin-du-Tertre dit de Franconville

Le Parc et l’Embarcadère :

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Louis Sulpice Varé naît le 15 mai 1803 et meurt le 15 mai 1883 à Saint-Martin-du-Tertre, berceau maternel. Son père est originaire de Précy (Oise).

Vital Best dit Marcellin, son grand-père, s’installe et se marie à Saint-Martin, il est manouvrier, marchand de bois puis entrepreneur de terrasses, c’est-à-dire jardinier-« paysagiste ». Il exécute des travaux pour les proches de Napoléon III, pour son frère, Louis Bonaparte, le parc de Saint-Leu, et pour son oncle Joseph, celui de Mortefontaine. L’Empereur a dû rencontrer Varé en ces occasions. Il s’en souvient et fera appel à lui pour le bois de Boulogne en 1852.

Mais à Franconville, en 1845, les travaux du parc vont bien doucement, ce n’est pas faute d’ouvriers, car ils sont vingt-six terrassiers, mais la neige et la pluie, qui ont tombé hier et aujourd’hui, ont rendu les terres dans un état presque impossible de continuer en ce moment.

Breton demande 1 000 F au marquis de Massa pour payer les ouvriers (travaille-t-il pour Varé ?) (15).

Napoléon III désire donner aux Parisiens air et ombrages. En 1833, il cède à la ville de Paris le domaine du bois de Boulogne, ce reste de la vieille forêt de Rouvray qui s’étendait jadis jusqu’à Chartres. Il s’intéresse à l’œuvre à accomplir. Il choisit pour dessiner le nouveau parc, Louis Sulpice Varé, le petit-fils du jardinier qui avait créé les parcs de Saint-Leu et de Mortefontaine.

L’Empereur veut un lac et une rivière alimentés par l’eau de la Seine, un rocher, une cascade, bref un décor agreste et pittoresque.

En avril 1853, les eaux arrivent dans le lac supérieur et l’Empereur, lors d’une inauguration solennelle remet à Varé la Légion d’honneur (16), le public admira.

Haussmann ne partage pas l’estime de Napoléon III pour Varé, qu’il qualifie de sans culture, de sans ampleur de vues, capable tout au plus de dessiner un petit jardin anglais. Il dénonce ses erreurs de nivellement dans le tracé de la rivière et obtient son renvoi. Le protégé de l’Empereur est employé par ceux qui veulent plaire à l’Empereur : les Fould, les Clary, les Seillières …
Barthélemy, en 1857, écrit dans son Éloge du Bois :

Voilà notre rustique et radieux fleuron,
L’œuvre de l’Empereur aidé d’un bûcheron,
œuvre qui marque un règne ; agrestes colonnades,
Portiques de rameaux, murmurantes arcades,
Monuments plébéiens, qui mieux qu’un Panthéon
Du poétique Alphand consacre aussi le nom.

Jean Charles Alphand (Grenoble 1817 - Paris 1897) a remplacé Varé, que Haussmann a connu à Bordeaux. Il l’appréciait pour les quais qu’il avait construits et les bals qu’il organisait à la préfecture (sic !) (17).

Il écouta l’Empereur, il écouta Haussmann, leur fit croire qu’ils étaient les auteurs de ses plans et les rendit indispensables.

À la rivière est substituée le lac inférieur, séparé du lac supérieur par une chaussée carrossable et alimenté par le puits artésien de Passy.

Barillet-Deschamps, horticulteur de Bordeaux, plante les arbres et choisit les essences, nivelle les pelouses. Cependant, Varé aurait contacté Monneau, le pépiniériste de Montlignon, pour la fourniture des arbres. Ne pouvant exécuter la commande, à lui seul, il crée un syndicat avec ses confrères pour livrer les essences demandées.

Gabriel Davioud (la fontaine Saint-Michel, architecte, Paris 1823 - id. 1881), de 1855 à 1867, construit les kiosques, les embarcadères, les restaurants, les bâtiments du Jardin d’Acclimatation. Haussmann achète les terrains de la plaine de Longchamp, fait établir le champ des courses, inauguré en 1857.

Le plan général n’en reste pas moins celui de l’Empereur et de Varé d’une superficie de 847 hectares. Il coûta 14 322 004 F mais 8 777 355 F furent récupérés grâce aux ventes de terrains (18).

Il y eut deux embarcadères, l’un aux Clignets, ancien fief et ferme du général Gobert,  au sud-est du parc. Cette ferme est rattachée au domaine au XIXe siècle. Sur ce lieu seront créés un étang avec une île et un embarcadère. Il n’en reste rien aujourd’hui, que l’emplacement  de l’étang vide. Le second, au nord-est,  a été créé par M. Gerbier avec la rivière, comblée  après 1924  par les autorités sanitaires. Le duc de Massa avait remplacé celui de M. Gerbier. La partie arrière, formant  un kiosque demi-hexagonal régulier de 2 m de côté, est montée avec de la brique entre des bois de 10 cm de section, donnant à l’édifice un aspect de colombage. La façade mesure 7,60 m et le côté 6,30 m. En forme de n, les deux jambes servant de pontons fixes au-dessus de l’eau, les embarcations s’introduisant entre les jambes du n pour accoster. C’est une construction en bois joliment  travaillé  avec une couverture en ardoise. Malheureusement cet édifice est dans un état déplorable.

Le parc

D’une superficie d’un peu moins d’une centaine d’hectares, ce parc bénéficie de la mode des jardins paysagers  apparue dès le XVIIIème siècle.
M.Gerbier, propriétaire en 1772, possèdait un parc plus dessiné « à la française » entouré de prés à vaches, de potagers, de cultures. M.Amiot, propriétaire en 1788, et ce pendant plus de quarante ans, Le pont de pierrefut le commanditaire du parc à l’anglaise. En 1830, sa veuve précise dans l’acte de vente en faveur de André Jean Leroux, (grand-père maternel du Duc de Massa)  : un grand parc dessiné à l’anglaise, avec rivière et embarcadères, potager et dépendance
Les travaux d’aménagement du parc auraient duré plus de dix ans.

Louis Sulpice Varé

Son concepteur, est vraisemblablement Louis Sulpice Varé, un enfant de Saint Martin du Tertre .Né en 1803 à St Martin (mort en1883) il a débuté sous la houlette de son grand père maternel, Marcelin Best, sa carrière de jardinier et certainement fait ses premières armes dans le parc . Dès 1836, nous lui connaissons des réalisations dans le Val d’Oise : à Saint Martin du Tertre dans sa propriété, Asnières sur Oise parc de Touteville, Herblay, Beaumont sur Oise, Chatenay en France. Le Duc de Massa lui a certainement confié l’embellissement de son parc.
L’Empereur Napoléon III lui donne son heure de gloire  en 1853 avec la commande du Bois de Boulogne dont on devine encore la maquette au lieu-dit du Vivray, sur la route de Viarmes.
Les hommes embauchés pour travailler au Bois sont pour la plupart originaires de Saint Martin et se nomment Breton, Hatin, Lévêque, Vivant, Devillers.
Varé ne termine pas son chantier du Bois de Boulogne, le Préfet Haussmann le fera remplacer par Alphand qui aura la paternité du lieu.

Couture entre le paysager et le bâti

Une certaine idée de la nature remplace celle, très réglée et géométrique du jardin français.
Une nature moins contrainte, moins domestiquée, fait les délices des parcs du XIXème siècle;
Le parc du château de Franconville bénéficie paradoxalement de son manque d’entretien : il n’a pas été modifié, ou très Jardin de l'Orangeriesuperficiellement. Il constitue aujourd’hui l’un des rares spécimens d’époque, encore observable « dans son jus ».
La composition se révèle dans les jeux de masse à travers les mouvements de sol, les volumes de feuillages et les jeux de couleurs ;  la mise en scène de la nature dessine de larges percées visuelles dans les lointains ; des filtres d’arbres plus ou moins denses selon leur persistance dévoilent ou cachent selon les saisons ; des essences exotiques, cèdres, séquoîas..(gigantéa et sempervirens) sont mises en exergue comme autant de contrepoints sur les étendues dégagées. De fait, tous ces moyens mis en œuvre transcrivent une palette d’effets calculés, appuyant les articulations entre l’architecture et le paysage.
La relation entre le travail de l’architecte Destailleur et le paysage démontre à quel point le modèle classique de Maisons Laffite a pu être réinterprété pour tirer parti des potentialités du site. Elle révèle un travail de « couture » entre le paysager et le bâti. Par exemple, le château, en dehors de l’axe de la façade principale, est clairement orienté sur une percée visuelle qui mène le regard au-dessus des cultures et des bois jusqu ‘à l’horizon via le pignon sud-ouest du château et la terrasse de l’orangerie ( on peut, pour en prendre la mesure, apercevoir le pignon du château depuis la maison forestière de Bois Carreau près de Nerville, à plus de 4 km).
Chapelle des Picpuciens La rivière et ses embarcadères, les étangs,  les douves où se reflètent les façades blanches, tout était possible dans cette zone humide. Les grottes en meulières et les rocailles ciment d’où partaient les cascades agrémentaient les promenades dans le parc. Des pièces d’eau il ne reste que le petit étang à droite de l’entrée, autrefois compagnon de la chapelle des Picpuciens.

Le sanatorium

En 1924, un cousin du Duc de Massa vend la propriété au département de la Seine qui transforme le château en sanatorium.  Pour cela des bâtiments sont construits dans le parc, une aile en briques est collée à l’arrière du château. Devant la gravité de la demande, la capacité d’accueil passe de 300 à 500 lits, des cures sont ajoutées à l’aile.
Ancien Sanatorium accolé au chareau Aujourd’hui encore les arbres préférés de Louis Sulpice Varé : les charmes, les hêtres, les chênes, les marronniers (autour du petit étang des pêcheurs) les platanes, les tilleuls, ou les pins, ponctuent les courbes sensuelles du parc.
Nous regrettons profondément la destruction de la chapelle des Picpuciens  élevée sur le domaine en 1590 et, faute de soins et d’attentions, démolie sur demande de la direction du centre médical par un arrêté préfectoral du 28 novembre 1980.

La tour du Guet

La Tour du Guet, est sauvée de la démolition et réhabilitée, elle abrite aujourd’hui l’office de tourisme. Un escalier intérieur permet aux visiteurs de profiter d’une vue splendide sur la campagne. La commune de Saint Martin l’a acquise pour le franc symbolique avec 469 m² de terrain, par acte notarié du 30avril 1986. Cette tour couronnait le Parc de Franconville dans sa partie la plus haute, à l’entrée du village.
Elle était devenue la propriété de la société HLM,  lors de la cession en 1964, de près de deux hectares par le Conseil Général de la Seine. En effet, cette opération a permis de réaliser les logements locatifs devenus « propriété familiale de l’Ile de France ».

Lancement de "la méridienne verte"  à Saint Martin du Tertre

La première manifestation des cérémonies de commémoration de la méridienne verte prévues en 2000, a eu lieu dans le parc du château de Franconville :  Catherine Trautmann  ministre de la culture) et Jean Jacques Alliagon  ont planté le premier alignement de jeunes chênes le mercredi 25 novembre 1998 ;
Lors des cérémonies de commémoration de la Méridienne Verte en hommage à Jean Baptiste Delambre qui avait fait de Saint Martin du Tertre un des  sommets  des 90 triangles formant la chaine de Dunkerque à Barcelonne,

Sources J.P WEBER,Florence Collette de Jardins en Val d’Oise, Daniel Baduel  et Chantal Regnault

(1) Cet avocat de renom avait fait exécuter cette route.
(2) Deux contre-allées plantées de 150 arbres enserrent la route.
(3) Provient du château de Montmagny.
(4) VALYNSEELE Joseph, les Princes et ducs du Premier Empire non  maréchaux, p. 228. Paris 1959.
(5) Ce titre, attribué le 15 août 1809 à Claude Ambroise Sylvestre Regnier, ne donnait à son titulaire aucun droit de souveraineté sur le pays.
(6) DUFRAISSE Roger, Napoléon : pour ou contre l’Europe ?
(7) AN : 279 AP 3.
(8) AN : 279 AP 21.
Lettre de Castiglione du 25 juin 1859.
(9) AN : 279 AP 26.
(10) AN : 279 AP 33.Lettre sans date.
(11) AN : 279 AP 33. Lettre du 4 novembre 1853. Il n’a que 16 ans.
(12) Le monument funéraire de la famille Massa-Roger a été exécuté par Hippolyte.
(13) De nombreux documents du château de Franconville sont conservés à Berlin.
Cette exposition portait sur cinq architectes: quatre allemands et un français.
Présentée aussi à Baden-Baden, Bonn et Zurich en 1977.
(14) AN : 536 AP 92.
(15) AN : 279 AP 23.
(16) MONTORGUEIL, le Temps, 30 avril 1922.
(17) HAUSSMANN, Mémoires, t. I, p. 570.
(18) HAUTECŒUR Louis, Histoire de l’architecture classique en France (1849-1900), t. VII. p. 30-34.  Paris 1957.

 


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