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ASCF - Association pour la Sauvegarde du Château de Saint-Martin-du-Tertre dit de Franconville 

Origine de

Franconville-au-bois

 

F

ranci est un nom collectif désignant les Germains du Rhin inférieur. Ils passent le Rhin et avancent graduellement. Ils occupent le nord de la Gaule, partie de l’Empire romain d’occident, et provoquent la chute de cet Empire en 476.

Clovis entreprend d’unifier les Francs et devient leur roi en 481. Il bat Syagrius, le dernier représentant des Romains, en 486. Il porte ainsi la limite de ses États jusqu’à la Loire.

Du nom des Francs, les Romains forment le dérivé Francia devenu (la) France par la suite.

Après Clovis, Francia désigne la région entre Rhin et Loire. Cette entité reste attachée plus spécialement à ce qui deviendra l’Île-de-France, c’est-à-dire les environs de Paris, dans un premier temps.

Les Francs envahissant la Gaule laissent des traces de leur passage. Ce souvenir des colons francs de la Gaule romaine subsiste ainsi dans les noms de lieu.

On dénombre cinq Franconville entre le Rhin et le nord de la Loire :

1. Franconville en Meurthe-et-Moselle.

2. Franconville, fief de la commune de Fouquerolles (Oise), à l’origine est une implantation humaine, peu conséquente, qui se fixe et disparaît.

3. Dans le Loiret, près de Pithiviers, un Franconville existe et disparaît faute d’habitants.

4. Dans le Val-d’Oise, Franconville-la-Garenne près de Taverny.

5. Et pour terminer, notre Franconville-au-Bois ou sous-Bois peu connu et pour cause, ancienne paroisse englobée dans Saint-Martin-du-Tertre..

Pour éviter des confusions un déterminant est ajouté au nom : Crèvecœur-le-Grand, Saint-Martin-d’en-Haut, Nogent-sur-Marne, Belloy-en-France, etc.

Pour notre Franconville-au-Bois, des Francs se rassemblent en un lieu sans nom. Ils défrichent la forêt et cultivent ces nouvelles terres. Les habitants des villages circumvoisins pour les désigner et les situer disent Francorumvilla – Francorum = Francs et villa = village – le village des Francs.

Ce Franconville-au-Bois est d’une ancienneté prouvée. Il figure dans la liste du dénombrement des biens de l’abbaye de Saint-Denis que l’abbé Hilduin fait dresser en 832. Cette charte de 832 établit la mense abbatiale (biens de l’abbé) et la mense conventuelle (biens des moines) et nous trouvons : Baliolo, Baillet ; Maflare, Maffliers ; Sichaldicurte, Courcelles ; Pratariam, Presles ; Pratariolam, Prérolles ; Murnum, Mours ; Nucitum, Noisy-sur-Oise ; Bedolitum, Belloy ; Muscellam, Moisselles ; Sancti Martini in monte Jocundiaco, Saint-Martin (du mont joli)-du-Tertre, et au milieu de ces toponymes Francorumvilla, Franconville. Il est indéniable que ce dernier est le nôtre et non celui proche de Taverny. La confusion est impossible.

Appartenant à l’abbaye de Saint-Denis, Franconville-au-Bois devient une seigneurie, à côté Saint-Martin-du-Tertre l’est également, mais ce sont deux seigneuries distinctes bien qu’elles appartiennent et appartiendront à un et même seigneur.

En 1248, elle appartient à Raoul de Franconville. Par la suite, elle est la possession de Louis Ier, sire de Bourbon. En 1312, Louis II de Bourbon l’offre à Hutin Le Baveux pour le remercier de ses bons et loyaux services. Sa fille, Jeanne épousant Robert VI d’O, fait entrer cette seigneurie de Franconville dans le giron de la maison d’O et, devenue marquisat de Franconville, en sortira à la mort de la jeune Adélaïde Geneviève Félicité d’O, marquise de Franconville, duchesse de Brancas, le 26 août 1735. Ce fut la dernière de ce nom. La transmission du marquisat s’éteint avec le décès de la jeune marquise.

Redevenue seigneurie, cette paroisse ayant peu d’habitants est intégrée à celle de Saint-Martin-du-Tertre au xviiie siècle. Mais le nom de Franconville restera attaché au château. Rachetée par M. Gerbier, puis M. Thellusson, M. Amiot et M. André Jean Leroux, le grand-père du duc de Massa. Aucun ne pourra se prévaloir du titre de marquis de Franconville réservé uniquement à la famille d’O.

Bien que le territoire de Franconville ait été rattaché à la commune de Saint-Martin-du-Tertre, le château, dernier témoignage de cette histoire, a toujours été dénommé de Franconville.

Le château fut conçu pour André Philippe Alfred Regnier, duc de Massa, à partir d’octobre 1875, par l’architecte renommé Hippolyte Destailleur s’inspirant de la réalisation de François Mansart à Maisons (-Laffitte) (1). Ce château construit à partir de 1642 pour René de Longueil, surintendant des finances. À Franconville, un avant-corps central est flanqué de deux pavillons en avancée sur la façade. Des pilastres doriques ornent le rez-de-chaussée, ioniques et corinthiens aux étages. L’avant-corps, à trois niveaux, est sommé d’un fronton triangulaire ouvert à la base renfermant les armes du duc de Massa et est coiffé d’un campanile. La base du toit est percée de lucarnes rondes, avec une tête de faune, surmontées d’un pot à fleurs. Le pavillon central et les deux ailes reçoivent une frise décorative de métopes à trophée, bucranes et patères (2) séparés par des triglyphes. La façade des pavillons latéraux sont coiffés d’un fronton triangulaire où s’ouvre une fenêtre ovale entourée d’un trophée d’armes (cuirasses, casques, lances et haches) avec une tête de faune au-dessus. Les cheminées monumentales sont ancrées avec le M de Massa. Elles sont décorées de guirlandes de feuillage, de têtes de faune et surmontées d’un pot à feu.

Au rez-de-chaussée, dès le vestibule s’offre à la vue un magnifique escalier d’honneur se développant, dans la partie supérieure, en double révolution. Dans l’aile droite, s’ouvrent le petit salon et le grand salon, faisant suite, une salle de billard, avec au plafond ses coquilles d’angle d’où naissent des feuillages, elle possède encore son ciel, et sa cheminée monumentale, comme au grand salon, puis la bibliothèque (3). C’est dans l’aile gauche que se tiennent les appartements du duc et de la duchesse (bien qu’il soit célibataire), transformés en salle de réfectoire pour le sanatorium. Le premier étage offre douze chambres avec cabinets de toilette, plus une salle de bains et deux WC. Au deuxième, il y a seize chambres dont deux avec un cabinet de toilette, deux WC et un fumoir de 93 m2 environ (4) et sous les combles les chambres des serviteurs.

Les pièces des étages ont toutes été modifiées pour loger les malades et le personnel soignant.

Les dimensions du château sont 59,74 m x 25,80 m pour une surface totale de 5 000 m2, comprenant quatre niveaux.

 (1) Le duc de Montebello cède Maisons au banquier Jacques Laffitte. Ce dernier étant en faillite, il vend le parc du château par lots. Maisons-sur-Seine est devenue Maisons-Laffitte.

 (2) Destailleur a repris la décoration très sobre de Maisons. Le bucrane, tête de bœuf décharnée, est l’emblème de Madeleine de Boulenc de Crèvecœur, et la patère ou rosace, c’est la rose de René de Longueil.

 (3) Ces quatre pièces sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

 (4) AN : 536 AP 92. Plan du 22 avril 1876.

Un architecte de grande qualité

Les architectes Destailleur, Parent et Sergent cherchent à retrouver l’esprit et la puissance des meilleures créations des XVIIe et XVIIIe siècles. Chacun eut une approche personnelle. Tous se spécialisent dans la réalisation de vastes demeures.

Hippolyte Destailleur naît le 27 septembre 1822 et décède le 16 novembre 1893 (sa sépulture est au cimetière du Montparnasse). Il suit les traces de son père. Entrant à l’école des Beaux-Arts le 23 décembre 1842, il est l’un des meilleurs élèves d’Achille Leclère (membre de l’Institut).

Le 28 août 1846, Hippolyte est attaché comme sous-inspecteur aux travaux d’agrandissement de l’église Saint-Philippe-du-Roule.

En 1848, il remplace son père au ministère de la Justice et devient, en 1852, architecte du ministère de la Justice et de l’Hôtel des Monnaies. Malgré les postes officiels qu’il occupe, il accepte la construction d’édifices privés, exécutant de nombreux projets à Paris, comme la restauration des hôtels de Luynes et de Pourtalès. Il dirige la construction des hôtels : d’Haussonville (rue Saint-Dominique, 1856), de Lutteroth (rue Fortin, 1855), de Béhague (avenue Bosquet, 1866), de Mouchy (boulevard de Courcelles, 1868), de Noailles (avenue de Latour-Maubourg, 1889), Cahen d’Anvers (rue Bassano, 1881) …

Également des monuments funéraires au cimetière du Père-Lachaise (1) de M. Hersent (1861), du marquis de Caulaincourt (1827), du général Vincent (1827) ; au cimetière du Montparnasse pour M. Collart (1864) …

Il exécute un projet pour la tribune du champ de courses d’Auteuil daté d’avril 1873.

De nombreuses villas et de nombreux châteaux : le château de Franconville pour le duc de Massa à Saint-Martin-du-Tertre (à partir de 1875) ; le château de duc de Mouchy (Mello). Il restaure Vaux-le-Vicomte pour M. Alfred Sommier (1873-1884), le château de Courances pour le banquier Samuel de Haber (1873)…

Après sa commande pour le duc de Massa, il construit le château de Baillon (Asnières-sur-Oise); le château de Cassan (L’Isle-Adam), celui de Nointel, etc.

S’il est reconnu en France, sa notoriété dépasse les frontières.

En Allemagne, à Pless, il érige le château de Fürstenstein. À Berlin, l’hôtel des Clefs ; l’hôtel du prince de Pless. La Kunstbibliothek de Berlin, possédant un fonds Destailleur, a organisé une exposition en 1976 sur ses œuvres (2). En Autriche, à Vienne, il travaille pour Albert de Rothschild. En Angleterre, c’est le château de Farnborough qu’il prépare pour l’ex-impératrice Eugénie où il élève la chapelle funéraire pour recevoir les restes de Napoléon III et de son fils, le prince impérial, tué par les Zoulous en 1879. C’est aussi le château de Waddeston pour Fernand de Rothschild. En Espagne, à Madrid, se sont sept châteaux ou palais qu’il érige. La Russie, la Belgique possèdent aussi de ses nombreuses constructions.

À la mort de son père, Walter André d’Estailleur (3) (1867-1940) achève la plupart de ses chantiers. Il travaille aussi pour Jean Louis Napoléon, duc de Massa (4,) et effectue des travaux à la ferme de Franconville. Il restaure le château de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) à Cahen d’Anvers (1896-1899) où il révèle le décor des singeries exécuté par Christophe Huet.

(1) Le monument funéraire de la famille Massa-Roger, d’une grande simplicité, a été exécuté par Hippolyte Destailleur.

(2) De nombreux documents du château de Franconville sont conservés à Berlin. Cette exposition portait sur cinq architectes : quatre allemands et un français. Elle fut présentée aussi à Baden-Baden, Bonn et Zurich en 1977. Je remercie vivement mon ami Olivier Oriol de m’avoir procuré le catalogue de cette exposition.

(3) Cette famille avait délaissé sa particule à la Révolution.

(4) AN : 536 AP 92. Plans de la ferme de Franconville

 


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